Edmonton est l’une des rares destinations historiques sur le circuit qui perdure. Son équipe organisatrice est sans doute la plus dévouée à la cause. Malheureusement, le mauvais sort c’est acharné. Entre la qualité de l’eau à risque (algues bleues), le forfait de dernière minute de l’enfant prodige de la place, soit Paula Findlay et surtout, la température très automnale le jour de la course, ça suffit!
Des résultats illogiques?
On pourrait analyser longuement les résultats de cette course, malheureusement, ce sont les conditions qu’ils l’ont remporté. Est-ce qu’il existe une certaine logique dans cette course ? Sans vouloir être méchant, qui imaginait voir Carolina Routier (ESP) terminer 4e d’une WTS cette saison? L’Australienne qui finira 3e, Backhouse est aussi une surprise. Pour une fédération nationale, ces résultats seront forcément à analyser avec des pincettes.
Pourtant chez les hommes, on pourrait dire que les trois premiers sont logiques. Murray (AFS), Gomez (ESP) et Mola (ESP) sont tous des athlètes habitués au podium. Et pourtant, on a toujours du mal a accepter la dynamique de cette course où Richard Murray et Mario Mola rentre assez rapidement sur la tête après une natation sans la sélection habituelle. Ce n’est pas du tout le scénario attendu sur cette distance.
Shaw n’avait pas chaud?
C’était la première course de Raoul Shaw en WTS. En voyant ce nouveau français au départ, de nombreuses fédérations ont vu cet ajout comme le domestique de Vincent Luis. Dans la réalité, Luis n’a besoin de personne, si Shaw faisait sa propre course, avec sa récente performance au GP du Dunkerque (3e), il est en droit de croire en ses chances sur le circuit mondial.
Malheureusement, ses adversaires connaissent ses talents. Est-ce que sa présence à influencer l’attitude des autres dans son groupe. Avec juste, Aaron Royle, Raoul Shaw et Vincent Luis qui faisaient le travail pour éviter le retour de l’arrière, on peut croire que les autres se sont tout simplement retiré de cette tâche.
Évidemment, en roulant à l’avant, on s’expose plus au vent et donc on a rapidement plus froid. Il n’est donc pas si étonnant que l’échappé n’a pas tenu longtemps.
Le froid, des athlètes mieux armés que d’autres?
Certains prédicateurs pensaient que les résultats allaient être en fonction de la provenance des athlètes. Les Britanniques, habitués à s’entrainer dans les conditions si particulières de Leeds auraient du forcément bien faire. À l’exception de Vicky Holland, on ne peut pas dire que cette logique a été respectée.
Dans ce froid, les 2 courses se sont rapidement neutralisées tout simplement que les athlètes ne se battaient plus contre leurs adversaires, mais les conditions climatiques. Ironiquement, la course s’est surtout jouée dans les transitions.
Est-ce qu’il y avait une recette pour mieux se protéger du froid? Vicky Holland gagne sans t-shirt en dessous de sa tenue de course. Kristen Sweetland finit par manquer le premier groupe en mettant des gants en T1. Impossible de se prononcer sur le sujet.
Avec des pieds et des mains engourdis, certains y ont perdu beaucoup de temps. L’exemple le plus marquant est celui de Vincent Luis qui récupère une médaille en chocolat à cause d’un enfilage de chaussures interminables.
Un effort épique ou désolant?
Voilà, dans le vocabulaire de l’ITU, on dira que les athlètes ont démontré un grand courage face à des conditions épiques et que malgré tout, le spectacle était là.
De notre côté, c’était très difficile à regarder, entre plusieurs filles qui finissent en larme comme Anne Haug et Helen Jenkins, cela ne rejoint pas nos attentes.
Les cyclistes sont des guerriers et les triathlètes des cobayes?
C’est la deuxième fois de la saison que si on suit le règlement de l’ITU, la natation se devait d’être annulée. La procédure est simple, l’ITU décide et les entraineurs ont le droit de protester la décision. Dans ce cas, les athlètes auraient été en faveur pour garder la natation. Cela s’explique par le fait que la distribution des points est réduite en cas d’une course écourtée.
Le triathlon se distingue encore une fois en étant probablement le seul sport qui ne respecte pas ses propres règles établies.
La question est de savoir si les athlètes sont vraiment en droit de choisir. En quelle mesure ont peu prendre cette décision si on ne l’a jamais expérimentée. Même si l’eau était tout de même à 16C, c’est la température de l’air (7.6C) et surtout la pluie et le vent qui a rendu le vélo extrême.
L’ITU ne permet pas aux athlètes de mettre un coupe-vent durant le vélo. À l’exception des gants ou de manchons, il était impossible d’améliorer son sort.
Les conséquences?
Plusieurs athlètes ont été victimes d’hypothermie, à un point tel qu’il n’y avait pas assez de ressources pour tous les traiter. Plusieurs athlètes passeront du temps avec les premiers secours.
Simon Viain avouera qu’il n’était plus capable de courir droit et qu’il a préféré abandonner. Choix difficile pour lui qui est sorti dans le premier groupe après la natation.
On doit aussi se questionner sur les conséquences, combien d’athlètes en sortiront malades? Sachant que la Grande Finale de Chicago est un événement très important pour eux, entre financement futur, classement mondial ou même qualification olympique, pourquoi prendre autant de risque?
Et le duathlon?
Même si l’ITU fait un excellent travail, on se doit de questionner cette si grande réticence au passage au duathlon! Toutes les épreuves amateurs seront d’ailleurs amputées de la natation. Dans ce nouvel épisode, n’a-t-elle pas perdu la confiance de ses athlètes?
Dans ce cas, les athlètes étaient aussi piégés. Le règlement de l’ITU prévoit que si la distance n’est pas respectée, les points accordés aux résultats doivent être majorés. Cela aurait donc eu une influence importante sur la classement mondiale ainsi que le processus olympique.
Anne Haug et Emma Moffat ont osé critiquer publiquement l’ITU, ce qui est généralement fortement déconseillé…
Hey @worldtriathlon if you’re prepared to break the min water temp rule it wld also be nice to have some outside help in unclipping helmet.
— Emma Moffatt (@_Moffy) 6 Septembre 2015
Et le classement final?
Dans ce calendrier comprenant 9 étapes, les Américaines ont décidé de ne pas faire le voyage. Il n’y a donc aucune évolution.
Pour les hommes, la situation est très différente. Même si Javier Gomez semble dominant cette saison et personne ne doute de sa capacité à conquérir un 5e titre, il se devait de répondre présent afin d’empêcher Mario Mola et Vincent Luis de ramasser trop de points.
Dans cette course où Javier Gomez ne tentera même pas de sprinter pour contester la victoire à Richard Murray, l’espagnol remplit son mandat en limitant Mola et Luis à une 3e et 4e place.
Au final, en cas de victoire à Chicago de Mario Mola ou de Vincent Luis, un podium pour Javi lui assure du titre mondial. Il peut même se permettre une 4e place si c’est le français qui remporte la course finale.
La centaine de points que Mola ou Luis échappent à cette étape font toute la différence.
De moins en moins objectif vos articles. Dommage c’etait mieux avant.
Est-ce que tu peux développer, parce que je pense justement être objectif dans cet article. On s’est entretenu avec plusieurs athlètes de différentes nations avant de l’écrire. 90% des femmes pleuraient après la ligne d’arrivée et les cas d’hypothermie étaient très nombreux. On rapporte les faits.
Vicky avait bien un t-shirt en dessous de sa trifonction (mais sans manche – visible dans le dos)
Pour les « conditions extrêmes » je ne suis pas d’accord qu’on dise que le résultat n’est pas « logique », quand la chaleur (et éventuellement l’humidité) est présente ces « athlètes nordistes » sont pour le coup désavantagés et c’est là je juste retour face à tant de courses sous la chaleur… 😉
PS : C’est sûrement à l’ITU de s’adapter et de laisser les athlètes se
couvrir d’un haut avec pourquoi pas un dossard accroché dessus…
La chaleur et l’humidité est généralement une spécificité qui est maitrisé par ces athlètes. De mémoire, je ne connais pas vraiment de variation dans les résultats en fonction des températures. Après je me trompe peut-être.
Cela reste un débat, mais je pense tout de même que l’ITU devrait appliquer ses règles. Si elle a définit des températures minimales, pourquoi ne pas les respecter?