J’étais très surpris de voir Laurent Jalabert être sur une moto pour les deux courses du ProTour. J’étais convaincu que France 2 l’avait envoyé, en fait par pur naïveté, je me suis dit, à France 3 doit donner la course en direct, et lorsqu’il a du temps, il doit parler à ses nouveaux amis Québécois et aider Évasion parce qu’ils ont bien besoin!
En fait, j’ai tout faux, Arsenault a payé Jalabert pour venir commenter la course. Alors, oui, il y a quelque chose qui n’a pas tourné aussi rond que son pédalage… on le sentait distant, un peu je m’en foutisme et très fier de replacer nos commentateurs Québécois lorsqu’il faisait des erreurs… sur le moment, tout cela semblait un peu étrange… Jalabert est capable de commenter des étapes en intégralité sur du Tour de France, et là il fait 4 interventions sur 5h… Il y a un malaise.
Et en ce mardi, tout est sorti. Entre les 28 articles sur le financement d’une future aréna, on commence à comprendre les raisons…
La course n’avait pas encore commencé à Québec que Jalabert avait déjà eu son premier coup de gueule. Il a témoigné son manque d’amour contre le ProTour dans le matin, un journal suisse.
Je trouve normal de vouloir exporter le cyclisme. Mais, s.v.p., ne me parlez pas du ProTour, je n’y crois pas beaucoup. Je le vis un peu comme une arnaque. Au départ, le ProTour, c’était les meilleures équipes avec les meilleurs coureurs. Et on se rend compte avec ces deux courses au Canada que les vedettes, à une ou deux exceptions près, ne viennent pas. L’impact médiatique sera moindre puisque les télévisions sont absentes. Et que la couverture assurée par les journaux ne sera pas digne des autres classiques. A mon avis, sans Serge Arsenault, ce passionné de cyclisme, qui a trouvé les moyens économiques pour garantir les épreuves durant cinq ans, les GP de Québec et de Montréal n’auraient pas le label ProTour. Ce n’est donc qu’une question de finances!»
En fait, le problème, c’est qu’il a totallement raison. Demander à un cycliste même connaisseur et il n’a aucune idée du calendrier du ProTour. Le Protour c’était avant tout un projet de l’UCI pour que les meilleures athlètes se retrouvent au même course, mais cela n’a jamais marché. Enfin pour votre information, en ce moment, c’est aussi le Tour d’espagne et le Tour de Grande Bretagne…
Effectivement, le ProTour, c’est 18 des meilleures équipes au monde, le problème c’est que tout cela est financier! Cervelo Test Team est un exemple parfait, avec 8 millions d’euros par an, elle n’était pas une équipe ProTour et c’est justement les normes imposées par le ProTour qui lui a fait fermer ses portes.
Alors, oui Jalabert a raison, une course devient mythique avec le temps et son histoire. Il y avait quelques choses de très énervant dans tous les médias qui nous disaient sans cesse que les meilleurs étaient présent… que l’enjeux était très important etc…
Moi, je me disais plutôt que c’était une course qui doit se construire, cela va prendre du temps. À la base, sa grande force vient du fait qu’il y a de plus en plus d’équipes très sérieuses nord américaines.
Pour le moment, une course de fin de saison comme celle-ci, je vous assure que les cyclistes sont venus en touriste, c’est drole pour eux de traverser l’Atlantique, cela change de la Belgique grise… En parlant de touriste, Ivan Basso a oublié de se lever pour la course Montréal, et selon certains propos, si Riis avait été en ville, il y aurait eu beaucoup de coureurs virés.
Encore, une fois, je suis très heureux de la création de ces deux courses, je n’aime juste pas la façon dont on essaye de nous la faire avaler, je vise surtout les médias.
Enfin, le plus drôle dans tout cela, c’est la réaction de l’organisateur. J’ai appris une chose durant ma courte carrière de sportif, il y a les organisateurs qui écoutent les critiques et améliorent leur produit, et il y a ceux qui se prennent pour des rois et répondent par des insultes…

À vous de juger,
«Les courses de Québec et de Montréal, dans le ProTour, sont celles qui, après le Tour de France, ont peut-être eu la plus grande télédiffusion mondiale, a ajouté Arsenault. Alors il faudrait que M.Jalabert s’intéresse à autre chose que de s’entraîner pour faire des triathlons et qu’il puisse commencer à lire et voir ce qui se passe, c’est tout. Il est complètement à côté de la plaque. Et si on suivait la route tracée par Jalabert, à ce moment-là, ce serait la perte du cyclisme basée sur l’ignorance et l’incompétence. Ça a peut-être été un grand athlète, mais malheureusement, la suite n’est pas tellement intéressante. C’est un être triste. Je suis triste pour lui. Qu’il retourne en France.»
Pour la diffusion mondiale… voilà exactement le style de propos qui m’énerve parce que c’est totalement faux. Désolé, mais pratiquement personne a diffusé la course en Europe en direct. La course à été rétrogradé sur Eurosport 2.
Après, comme tout bon cycliste, une petite insulte envers les triathlètes… je me comprends… Ah oui, Mr Jalabert n’y connait rien… il est juste sélectionneur de l’équipe de France et commentateur pour le tour de France pour France 2…
Alors oui Mr Arsenault vous êtes un rigolo… surtout que même avant le début de votre course, vous nous parlez déjà des championnats du monde et même d’organiser une course à Boston…
Et il en rajoute…
«Jalabert est très fier de sa personne. Il joue la vedette partout. Mais ici, Jalabert, c’est pas plus connu qu’une marque de confitures. On connaît Charly Mottet (concepteur des parcours), on connaît Bernard Vallet (analyste à Évasion), on connaît des gens qui sont corrects. Peut-être encore plus maintenant Hesjedal, Chavanel et tout ça. Alors peut-être qu’il s’est senti oublié ou diminué dans ce que j’appelle l’image qu’il a de lui. Mais je ne suis pas un organisateur pour satisfaire Narcisse.»
Bon… je vais aller pédaler pour oublier…